Le laboratoire Ocean Wise Plastics collabore avec des entreprises de vêtements et MetroVancouver pour étudier le rôle du linge dans la pollution par microplastiques dans les océans
Le laboratoire Ocean Wise Plastics collabore avec des entreprises de vêtements et MetroVancouver pour étudier le rôle du linge dans la pollution par microplastiques dans les océans
La pollution plastique est l’un des principaux problèmes environnementaux auxquels nos océans sont confrontés aujourd’hui. Les plastiques océaniques existent sous de nombreuses formes, allant des gros objets à usage unique tels que les gobelets ou sacs de courses aux morceaux en plastique de moins de 5 mm de long, appelés microplastiques. L’ampleur de la contamination par les microplastiques dans nos océans suscite une vive préoccupation. Il est clair aujourd’hui que les microplastiques apparaissent dans des échantillons du monde entier et dans une large gamme d’espèces marines.

Les microplastiques présents dans l’océan existent sous d’innombrables formes, tailles, couleurs et produits chimiques polymères. Ils proviennent de nombreux produits fabriqués par l’homme, regroupés en deux catégories : la décomposition de gros déchets plastiques en petits fragments au fil du temps (appelés « microplastiques secondaires ») ou de petits produits délibérément fabriqués pour être plus petits que 5 millimètres, tels que les nurdles et les microperles (appelées « microplastiques primaires »).
Ici, au Plastics Lab, nous menons des recherches sur la pollution par les microplastiques depuis 2014. Notre mission est d’informer en générant de nouvelles informations sur les sources, le transport, le destin et les impacts de ces contaminants. L’une des découvertes importantes de nos premiers travaux a été la découverte de fibres microplastiques dans des échantillons d’eau de mer sur la côte de la Colombie-Britannique et du nord-est de l’océan Pacifique (Desforges et al. 2014). À noter la grande abondance de microfibres près de la côte nord-américaine. Une question clé issue de ce travail était dans quelle mesure les microfibres provenaient des textiles via la blanchisserie domestique et les stations d’épuration des eaux usées. Nous avons récemment montré une présence importante de microfibres et d’autres microplastiques dans une station municipale d’épuration des eaux usées (Gies et al. 2018).

En 2016, nous avons lancé une nouvelle initiative de recherche collaborative avec les entreprises de confection MEC (Mountain Equipment Co-op), REI, Patagonia, Arc’teryx ainsi que MetroVancouver afin d’étudier les microfibres dans les effluents de blanchisserie domestique, les stations d’épuration des eaux usées et l’océan. L’objectif était de mener des recherches orientées solutions sur les sources et le destin des microfibres, fournissant ainsi une base pour des achats durables, un design textile plus intelligent, des bonnes pratiques de lavage et des évolutions en ingénierie des eaux usées afin de freiner la libération de microfibres.
La première phase de cette recherche a déterminé la perte de microfibres par la chute lors d’une lessive domestique typique provenant de 39 tissus différents. Les facteurs évalués comprenaient la perte en fonction des lavages consécutifs, le type de fil et la conception de la construction. Afin d’en apprendre davantage sur les effets de l’altération sur les microfibres, nous avons mené des expériences contrôlées sur 110 tissus exposés à différentes conditions, avec 365 jours d’exposition aux conditions océaniques, marines et usées. L’apparence physique a été suivie par analyse d’image, et les changements de chimie de surface ont été caractérisés à l’aide de la spectrométrie infrarouge par transformée de Fourier (FTIR). Cette dernière technologie médico-légale a généré des signatures infrarouges uniques pour les microfibres de l’environnement, une caractéristique cruciale pour retrouver les microfibres mystérieuses trouvées dans l’océan jusqu’à leurs sources.

Nous avons récemment terminé la majeure partie des travaux expérimentaux pour cette phase du projet, et constaté qu’un seul lavage d’un échantillon textile standardisé de 500 g peut libérer jusqu’à 3,45 millions de microfibres ! Cependant, tous les textiles ne perdent pas la même poile. Nos résultats suggèrent que cela est largement influencé par le design textile. Par exemple, les textiles fabriqués avec des fils de fibres filées et ceux brossés mécaniquement (par exemple la toison) perdent le plus, entre 42 000 et 3,45 millions de fibres. Les textiles fabriqués avec des fils de type filament libéraient le moins de microfibres dans les eaux usées du linge. Cette recherche montre que les vêtements synthétiques servent de source de microfibres dans le flux de déchets domestiques et ont le potentiel d’atteindre l’environnement. L’importance exacte des textiles en termes de pollution microplastique reste un sujet de nombreuses recherches, avec des laboratoires explorant d’autres sources telles que la pêche commerciale, l’aquaculture, les activités industrielles et d’autres sources domestiques.

Nous entamons maintenant la prochaine phase de notre recherche sur les microfibres, qui renforcera notre compréhension du flux des microfibres depuis la blanchisserie domestique, à travers les stations d’épuration des eaux usées et jusqu’à l’océan. Nous approfondirons notre évaluation de la détachement des microfibres dans les textiles afin de mieux comprendre les rôles de la conception textile et de la fabrication du fil. Nous étudierons les changements dans la taille et la chimie des microfibres dans les stations d’épuration au fil du temps et améliorerons notre capacité à identifier de manière médico-légale les microplastiques dans l’océan. Nous collecterons également des données spectrales FTIR sur les microfibres et autres particules dans l’océan afin de mieux comprendre les implications plus larges de la pollution par les microplastiques dans l’environnement.

Notre partenariat novateur avec des partenaires industriels tournés vers l’avenir continuera à apprendre des moyens de mieux protéger nos océans contre la pollution par les microplastiques.
- Du laboratoire Ocean Wise Plastics : Katerina Vassilenko, Mathew Watkins, Stephanie Wang, Stephen Chastain, Anahita Etemadifar, Peter Ross, Anna Posacka
Posted February 4, 2019 by Ocean Wise