Vancouver, Canada (27 juin 2022) : Alors que la conférence des Nations unies sur les océans débute à Lisbonne, Ocean Wise publie un nouveau rapport soulignant le potentiel économique, social et environnemental des forêts de varech en Colombie-Britannique.
En développant la restauration, la protection et la culture du varech, la Colombie-Britannique peut réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre nocifs dans l’atmosphère, tout en réalisant plusieurs avantages connexes pour l’océan, les communautés côtières et la vie marine, selon un nouveau rapport de l’association de protection de l’environnement Ocean Wise. Ce rapport, intitulé Seaforestation : Benefits to the climate, the ecosystems, and the people of British Columbia, soutient que le Canada devrait poursuivre le reboisement marin à grande échelle – la restauration, la plantation, la gestion et l’entretien des forêts de varech sous-marines – en tant que solution climatique sans regret. En plus d’éliminer le dioxyde de carbone de l’atmosphère, le boisement marin améliore la santé des écosystèmes océaniques, restaure la pêche côtière et crée des emplois axés sur l’environnement en Colombie-Britannique.
“Le reboisement des mers peut être un outil supplémentaire, en plus des réductions d’émissions significatives, dans la lutte contre le changement climatique. Compte tenu du large éventail d’avantages que présentent les forêts de varech et du potentiel de restauration de ces habitats importants, il n’y a guère de raison de ne pas innover pour mettre en place une restauration responsable à grande échelle. Toutefois, nous avons besoin d’incitations financières et réglementaires pour favoriser le boisement marin à grande échelle et exploiter le vaste potentiel des forêts sous-marines de la Colombie-Britannique”, a déclaré Andrew Lang-Wong, principal auteur du rapport.
Le rapport constate que la côte de la Colombie-Britannique est un habitat de choix pour l’abondance des laminaires et la diversité des espèces. Alejandra Mora-Soto, auteur principal de l’une des études présentées dans le rapport, estime qu’au moins 190 km2 de varech entre le détroit de Géorgie et Prince Rupert capturent chaque année plus de 7 755 tonnes de CO2, soit l’équivalent des émissions produites par le chauffage de 3 900 foyers au gaz naturel.
“L’océan est de loin le plus grand réservoir de carbone de la planète, et le reboisement des forêts de laminaires, qui absorbent le carbone, est une opportunité émergente qu’il convient d’exploiter. Nous avons besoin de tous les outils à notre disposition pour lutter contre le changement climatique. En tant qu’ancien planteur d’arbres, je suis très enthousiaste à l’idée que le boisement marin puisse réduire les émissions de carbone tout en augmentant l’habitat de diverses espèces marines”. Honorable Joyce Murray, ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne
Avec le déclin significatif des lits de varech au cours des trois dernières décennies sur les côtes du Pacifique et de l’Atlantique, il existe une opportunité significative de restaurer les forêts de varech perdues et, ce faisant, d’ajouter une capture significative de CO2. Le potentiel des laminaires en tant que solution climatique ne se limite pas à ce qu’elles capturent aujourd’hui, mais aussi à ce qu’elles pourront capturer à l’avenir, si elles sont restaurées et étendues de manière responsable et dans des zones susceptibles de résister aux effets d’un réchauffement accru.
Les solutions climatiques basées sur la nature, comme la plantation d’arbres, ont été largement adoptées dans la lutte contre le changement climatique. Le varech offre des possibilités et des avantages similaires mais, contrairement aux forêts terrestres, il permet d’éliminer durablement le carbone année après année grâce à sa vitesse de croissance extraordinaire et au renouvellement de sa biomasse, sans risque de perte due aux incendies. En outre, le varech peut être cultivé en vue d’une exploitation commerciale tout en continuant à capturer le carbone, ce qui génère un flux continu d’avantages économiques, écologiques et sociaux.
Les forêts de varech représentent une valeur potentielle de plus de 2,1 milliards de dollars par an pour les pêcheries de la Colombie-Britannique. Les forêts sous-marines protègent les espèces vulnérables des effets de l’acidification des océans, aident à nettoyer l’eau en absorbant les nutriments excédentaires et protègent les côtes de l’érosion en amortissant l’impact des vagues.
“Ne pas nuire n’est pas suffisant pour les océans, nous devons reconstruire la vie marine. Ce nouveau rapport montre que le Canada peut être le pionnier mondial de la restauration, de la culture et de la protection responsables du varech, de manière à maximiser les avantages pour le climat, les écosystèmes et les populations”, a ajouté M. Carlos Drews. “L’opportunité pour le reboisement marin en Colombie-Britannique est de l’amener à grande échelle, de manière responsable, en maximisant ses bénéfices sociaux, climatiques et écosystémiques”.
Ce qui peut être fait
Les individus, les organisations et les gouvernements peuvent notamment prendre les mesures suivantes pour restaurer les forêts de varech.
Les gouvernements peuvent :
- Investir dans la recherche et le développement de techniques de reboisement des mers à une échelle responsable.
- Investir dans un protocole de sélection des sites qui maximise les bénéfices environnementaux, économiques et sociaux
- Créer un cadre pour faciliter l’expansion du reboisement marin responsable
- Investir dans l’amélioration de la cartographie, de la surveillance et de la protection des forêts d’algues existantes
- Créer des incitations financières pour développer la culture responsable des algues marines
Les universités et d’autres organisations peuvent le faire :
- Créer une banque de semences pour préserver la diversité génétique des laminaires de Colombie-Britannique
- Poursuivre l’étude des souches de laminaires afin d’identifier celles qui présentent les propriétés les plus bénéfiques.
- Développer les programmes de sensibilisation aux océans et au climat afin d’informer les Britanno-Colombiens sur les avantages des algues.
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À propos d’Ocean Wise
Ocean Wise est une organisation mondiale de conservation dont la mission est de protéger et de restaurer les océans de la planète. Axé sur l’éducation, la recherche et la conservation par l’action directe, Ocean Wise équipe et inspire les jeunes, les citoyens, les entreprises et les gouvernements à agir par le biais d’initiatives telles que le nettoyage des rivages, les produits de la mer durables, la reforestation, l’application WhaleReport et la réduction du plastique. Pour en savoir plus, consultez le site ocean.org
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