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Jill Heinerth est la première exploratrice en résidence pour la Société géographique royale canadienne et une plongeuse de grotte renommée. Ses aventures l’ont menée sous le désert du Sahara, à l’intérieur d’un iceberg en Antarctique et à travers des grottes submergées dans des endroits comme les Bahamas, le Mexique et l’Australie.

Elle a également été l’une de nos invitées dans le podcast My Ocean. Voici un extrait de notre conversation avec elle et vous pouvez écouter l’épisode complet ici ou sur Apple Podcasts, Google Podcasts, Spotify ou partout où vous écoutez vos podcasts.

Q : Pouvez-vous me décrire ce que c’est que d’entrer dans une grotte sous-marine ?

Jill : Je vais vous parler de ma dernière plongée il y a seulement quelques jours. J’étais à Blue Hole Springs en Floride pour filmer un programme National Geographic. Et quand on plonge dans cette magnifique source turquoise, la première chose que l’on voit est une eau d’environ 1,80 mètre de profondeur avec de magnifiques herbes ondulant dans le courant, puis un trou au fond de la source. C’est un peu comme être dans un évier et que vous allez tomber dans le drain. Il faut donner un coup de pied très fort pour descendre dans ce trou, puis on se retrouve dans une immense pièce en forme de cloche qui s’ouvre en proportions très vastes et descend jusqu’à environ 15 à 18 mètres de profondeur au fond. Et quand tu es au fond de ce trou, il y a un rayon de soleil qui tombe en cascade dans le trou, illuminant l’espace comme une cathédrale. À partir de là, la grotte s’étend latéralement, comme des doigts dans la terre, comme les branches d’un arbre. Et vous suivez ces conduits, ces ouvertures dans la roche qui ont été creusées par la force de cette eau qui coule. Et c’est rempli d’eau du sol au plafond, donc je nage à travers ces endroits incroyables.

Q : Quand vous traversez cette eau, êtes-vous enthousiaste ? Tu es un peu nerveux ? Qu’est-ce qui te passe par la tête ?

Jill : Avant de plonger, il y a toujours un peu de nervosité, car je réfléchis lentement aux risques associés à une plongée particulière, comme ce qui pourrait mal tourner avec mon équipement ? Qu’est-ce qui pourrait mal tourner avec l’environnement ou mon compagnon de plongée ? Mais je travaille tout cela dans ma tête avant d’aller à l’eau pour avoir assez d’équipement, assez d’entraînement, la capacité de prendre soin de moi, la capacité de prendre soin de mon partenaire de plongée, quoi qu’il arrive. Donc, quand je suis vraiment immergé, je suis libéré de tout ce stress et je suis juste vraiment présent dans l’instant. Si quelque chose de terrible arrive et tourne mal, je l’ai déjà répété très récemment donc je sais exactement quoi faire.

Q : Que vouliez-vous faire en grandissant ?

Jill : Une astronaute. J’ai grandi en regardant les missions Apollo. Quand j’étais enfant en maternelle, on nous conduisait à la bibliothèque de l’école – nous avions une télévision en noir et blanc de la taille de mon ordinateur portable – et quelques centaines d’enfants la regardaient et voyaient ce petit rover rouler sur la surface de la Lune. Et je me suis dit, oh mon Dieu, j’ai envie de faire ça. Mais nous n’avions pas de programme spatial au Canada, ni d’astronautes féminines, donc je suppose que j’ai fini par être une exploratrice de la Terre intérieure plutôt que des exploratrices de l’espace.

Q : Vous faites cela depuis longtemps. Qu’avez-vous vu qui a changé ?

Jill : Tellement. En ce qui concerne mon travail dans les régions polaires, je suis choqué à chaque fois que j’y retourne, à chaque saison, de voir à quelle vitesse l’Arctique évolue. Les changements dans la banquise, l’adaptation des populations locales, ainsi que l’adaptation que rencontrent les animaux.

Q : Que dites-vous toujours à un groupe de personnes pour les enthousiasmer pour les voies navigables, les océans, les lacs et les rivières où vous passez autant de temps ?

Jill : C’est amusant, surtout avec les plus jeunes, de parler de l’importance de l’exploration et de la découverte. Ils regardent ce que je fais et le trouvent terrifiant, mais j’essaie de les encourager, et les adultes aussi, à entrer dans cette obscurité, à laisser leurs yeux s’habituer à la lumière et c’est là qu’ils se tiennent au bord de l’exploration. Et ils ont l’opportunité de faire quelque chose de nouveau pour eux-mêmes, ou peut-être quelque chose qui n’a jamais été fait pour l’humanité. Et c’est là que des choses vraiment spéciales se produisent.

Cette interview a été éditée et confirmée.

 

Posted February 4, 2019 by Ocean Wise

Ocean Wise est basé sur le territoire traditionnel et non cédé des peuples Salish de la côte, y compris les territoires des nations xʷməθkwəy̓əm (Musqueam), Skwxwú7mesh (Squamish) et Səl̓ílwətaʔ/Selilwitulh (Tsleil-Waututh). Nous travaillons à travers l'île de la Tortue et au-delà, soutenant les peuples autochtones dans leur travail essentiel de conservation des océans et de la biodiversité chaque fois que cela est possible ou lorsque nous y sommes invités.